Bouton ouvrir/fermer
FR EN
En français FR In English EN

Vidéos

vidéo de présentation
Romain Blanchard

Je nais à Nantes en 1979, à l'occasion du deuxième choc pétrolier, sans que les deux évènements soient forcément liés. Nantes, une bien belle ville, qui deviendra plus tard le cimetière des éléphants du Royal de Luxe, mais c'est un autre sujet.


Je passe mon enfance dans l'hôpital psychiatrique du Pont-Piétin, non pas en tant que patient, mais en tant que fils de médecin, ce qui me donne une liberté de déplacement et l'occasion de quelques rencontres littéraires. Les parcs de l'hôpital sont grands, l'herbe est verte, les gens sont bizarres mais sympas.


Même si j'ai participé à toutes les kermesses du village, notamment dans le rôle d'un coq chanteur qui surveille ses poules de trop près, c'est véritablement en 1989 que se décide mon destin de comédien : je vois en effet le Batman de Tim Burton un peu trop tôt, j'ai dix ans et beaucoup d'imagination. 1989, l'année du bicentenaire de la Révolution Française, mais n'y voyez pas forcément de cause à effet.


Obsédé par la figure du Joker, et par la terreur que cette représentation m'inspire, notamment la nuit sous ma couette, à une heure où les petits garçons normalement découvrent leur corps, je décide de devenir Justicier. Mais pas un Justicier tape-à-l'oeil comme Superman, dont on se demande comment, même en plein vol, il ne se fait pas arrêter pour port de slip rouge prohibé ; non, je reprends à mon compte cette figure sombre de Batman, et décide d'y croire sans rire.
Il faut un contre-poison, et Cyrano vient me sauver des bras du Joker en s'exprimant sous les traits de Gérard Depardieu. Je découvre alors la beauté du théâtre, de l'écriture, et décide d'accoupler ma volonté de Justice à la lumière de la scène, le seul lieu au monde où on peut sérieusement porter un masque et une cape même pendant l'adolescence et sous le regard des filles.


Et c'est le moment du grand départ vers mes aventures avec Milou, mon fidèle compagnon. Je vis des passions théâtrales croustillantes et extravagantes. Je m'engage notamment sur des spectacles aux sujets bien hard et ambigus comme je les aime. C'est à Nantes, Saint-Nazaire, Bordeaux que je trouve mes premières cavernes de pirates. Je me mets des bandages sur la tête, j'agite des épées en criant, bref, c'est le pied.
Mais je ne fais pas que flirter avec mes rêves et mes obsessions d'enfance ! Non, j'ai aussi mon côté coeur d'or. Des gens voient que derrière le masque il y a un être humain qui aime les gens, mais ils n'osent pas me le dire de peur de me vexer.


L'amour alors, oui l'amour. Alors comme Paris est la ville de l'amour, je décide d'y emménager en 2008. Je rencontre des gens qui parlent d'amour, comme Camille Davin et Clyde Chabot, j'y microfictionne avec Charlie Windelschmidt et Valéry Warnotte, je voyage et travaille avec des cinéastes comme Sébastien Marqué, et je deviens ce que j'ai toujours été : quelqu'un de gentil.


En 2014, à la suite d'une soirée très arrosée, l'excellent metteur en scène Eric Sanjou décide de travailler avec moi. Il ne savait plus ce qu'il faisait. On dansait sur la table, on avait bu. Il m'offre de très beaux rôles : Mauri de Noiroff, ingénieur extravagant, décadent et fin de siècle, et la Perle de la Canebière, une cagole marseillaise délurée. Ce dernier rôle permet à ma moustache d'exprimer tout son potentiel.
Traversé par ces souffles amoureux, je me laisse surprendre par les influences punk de Yann Métivier et Thomas Gonzalez dans leur incroyable Oxygène, puis je reprends mon épée pour combattre l'oppression dans La Bataille d'Angleterre de Denis Volte. Bref, la vie est belle pour les rêveurs.

Site référencé sur Agence artistiques
Site administré par Wistal
@2009 - 2019 CC Communication CC.Communication